La fin de l'année appelle la tradition des voeux, et permet de faire le bilan sur l'année passée, petit bilan que nous n'avions pas pu faire l'année dernière.

l'année 2010 a apporté son lot de satisfactions et de désillusions, comme de coutume avec les chevaux. En ce qui concerne l'élevage du Gesvres, les déceptions ont été pour la carrière en CCE de Pandora, qui est revenue chez nous après plusieurs échecs sur le cross, du fait certainement de la chute qu'elle a faite l'année dernière, qui ne lui permettait pas de revenir comme le souhaitait son cavalier aux abords des obstacles. La déception a été aussi du côté de Nadir, qui après avoir gagné sa première sortie en dressage, n'a pu continuer le travail du fait de l'indisponibilité de sa cavalière pour plusieurs mois, et de mon incapacité pour raison de santé de prendre la relève, même dans l'immédiat pour du paradressage. Tara n'a pu être présentée aux concours de modèles et allures, malade la première fois, et ayant reçu un coup de pied pour la seconde fois envisagée...

Les satisfactions ont été bien plus nombreuses. Pandora s'avère être une super jument de CSO, et l'osthéopathe travaille sur les conséquences de sa chute. Je l'ai également montée sur le plat. Elle est droite et bien mise, elle a une grande marge de progression en dressage, même si elle n'a pas le trot de son frère. Nadir dresse décidément très bien, et j'ai pu le présenter à un stage avec Serge Cornut où il a bien travaillé. Nous espérons lui trouver un cavalier avec lequel il pourra progresser. Tara est une vraie petite bombe, elle galope et saute bien. Ultravox est un magnifique deux ans, gentil, qui a bien plu lors de la sélection France dressage, Et... nous avons enfin notre premier poulain bai, Aston, qui est également très beau et se déplace bien. Elfe, la mère de tout ce petit monde, a été labellisée dressage cette année et est pleine du Trakhener Grafenstolz. Il était temps que nous trouvions le point fort de notre jument. Comme la plupart des éleveurs, nous avons cherché à améliorer la qualité de saut de la mère, alors même que le dénominateur commun de sa production, c'est la qualité des allures. A 19 ans, il nous semble un peu tard aujourd'hui pour l'orienter vers une production dressage, et 2011 sera normalement l'année de son dernier poulain.

Plus généralement, sur l'élevage de chevaux de sport, je n'irai pas à contre-courant de l'opinion générale. La guerre des institutions, le désengagement de l'état, l'attente des amateurs en matière de tarif qui n'est pas en adéquation avec les coûts de production, l'augmentation des aliments et surtout du foin qui a triplé en 2010... Bilan de la filière très morose malgré les bon résultats de notre équipe de France de CSO. Mon petit tour au Colloque de droit équin le 21 novembre ne m'a pas rassurée sur la place que les détenteurs et propriétaires d'équidé auront dans les années à venir. J'ai un peu eu l'impression que le cavalier et/ou propriétaire de cheval est un délinquant en puissance, que cette dernière sphère de liberté qu'est le cheval se resserre de plus en plus afin d'être répertoriée, étiquetée, vouée à des lieux dédiés, de telle sorte que dans les années à venir, la démocratisation de la filière s'arrêtera aux portes des centres équestre. Au-delà de son heure hebdomadaire, le cavalier français aura bientôt de plus en plus de mal à connaître une autre relation avec son cheval. Toutes ces mesures sont certainement pavées de bonnes intentions, et destinées à responsabiliser des propriétaires de chevaux indélicats, mais elles vont encore un peu plus verrouiller la filière.

J'espère toutefois qu'on y verra un peu plus clair l'année à venir, et dans l'attente, l'élevage du Gesvres vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année!